Rough Dreams

Noboby, not even the rain, has such small hands

06 octobre 2009

[Coup de coeur] La mélodie des tuyaux

95943945

Je vous invite à découvrir le dernier ouvrage jeunesse de Benjamin Lacombe, jeune artiste à la fois illustrateur et écrivain dont le talent n'a d'égal que la gentillesse ;-)

Intitulé La Mélodie des Tuyaux, ce conte charmant est composé d'un livre illustré et d'un CD, qui nous permet à la fois d'écouter la chanteuse Olivia Ruiz narrer les aventures du héros, Alexandre, et d'approfondir l'univers musical du livre.
Plutôt que de vous raconter l'histoire du livre, je vous laisse la découvrir en image et en musique :

La force de Benjamin réside dans cette capacité à dépayser, à créer des univers envoutants qui font à la fois rêver et sourire. Ici, la mélancolie de la ville côtoie l'univers coloré du cirque et la chaleur de la musique espagnole, un mélange étonnant qui transporte à coup sûr. Pour La Mélodie des Tuyaux, Benjamin s'est en plus entouré d'une équipe de musiciens qui a élaboré de très belles chansons flamenco, brillamment interprétées -entre autres- par le jeune Loris Vallois, qui a prêté ses traits au héros du livre.   

9782021001525

J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce beau livre et à écouter le disque qui l'accompagne, j'espère que ce bref article saura aussi vous séduire et vous convaincre...


N.B. : La Mélodie des Tuyaux sera disponible dans toutes les bonnes librairies à partir du 8 octobre, aux éditions du Seuil Jeunesse.

Posté par RoughDreams à 15:25 - ★ Words - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :


19 novembre 2008

[Art Book] The Upset : Young Contemporary Art

Upset_book


Nos voisins allemands sont à l'origine d'un merveilleux projet de livre qui, j'en suis sure, va occuper pendant un moment les fanas d'art contemporain dit "alternatif" comme moi. C'est en faisant ma ronde habituelle chez le toujours excellent Lazy Dog que je suis tombée sur ce bijou. Le livre The Upset : Young Contemporary Art fait état d’une toute nouvelle scène artistique largement influencée par la contre-culture et l’underground. Les artistes mentionnés sont pour la plupart associés au mouvement américain Lowbrow Art ou Pop Surrealism, mais pour la première fois leurs homologues européens et asiatiques soient également représentés. The Upset propose des portraits de ces artistes, ainsi que de nombreuses interviews et reproductions de leurs œuvres. Un must-have pour les amateurs du genre, en complément de Weirdo Deluxe* et de Pop Surrealism : The Rise of Underground Art**.

Artistes cités : 
Maike Abetz / Oliver Drescher, Alexone, Grant Barnhart, Gary Baseman, Tilo Baumgartel, Tim Biskup, Mark Bradford, Daniele Buetti, Cailan Burns, Ray Caesar, Miguel Calderon, John Casey, Paul Chatem, The Clayton Brothers, Joe Coleman, John Currin, Brendan Danielsson, Stephan Doitschinoff, Blaise Drummond, Dzine, Ala Ebtekar, Martin Eder, David Ellis, Ron English, Faile, Christian Farner, Rosemarie Fiore, FriendsWithYou, Camille Rose Garcia, Os Gemeos, Michael Genovese, Charles Glaubitz, Benjamin Güdel, Robert Hardgrave, Maya Hayuk, Ryan Heshka, Femke Hiemstra, Cody Hudson, Gisela Insuaste, Rich Jacobs, John John Jesse, Colin Johnson, Mel Kadel, David Kassan, Aya Kato, David Kinsey, Henning Kles, Kozyndan, Susanne Kuehn, Mia Mäkila, Mateo, Elizabeth McGrath, Casey McKee, Jason McLean, Philip Metten, Moki, Brendan Monroe, Heiko Müller, Muntean/Rosenblum, Yoshimoto Nara, Aaron Nather, Anne Faith Nicholls, Jose Parla, Nigel Peake, Raymond Pettibon, Danielle de Picciotto, Anthony Pontius, Pooch, Johan Potma, Jeremy Pruitt, Leopold Rabus, Scott Radke, Rex Ray, Scott Rench, Daniel Richter, Rostarr, Christoph Ruckhaberle, Mark Ryden, Christoph Schmidberger, David Schnell, Sebastian Schrader, Michael Sieben, Michael Slack, Jeff Soto, Fred Stonehouse, David Stoupakis, Swoon, Johannes Tiepelmann, Chris Uphues, Miss Van, Vania | Ivan Zouravliov, Matthias Weischer, Martin Wittfooth et Chet Zar.


Plus d'infos sur Gestalen.com

* Weirdo Deluxe de Matt Dukes Jordan

** Pop Surrealism : The Rise of Underground Art de Kirsten Anderson.

20 juin 2007

L'enfant brûlé

1396057498_l

<< Enfant brûlé craint le feu. >>
(Roman de la Rose)

Ce n'est pas vrai, un enfant qui s'est brûmé ne craint pas le feu.
Il est attiré vers le feu comme un papillon vers la lumière.
Il sait que s'il s'approche, il se brûlera à nouveau.
Et pourtant il s'approche.


Texte : Stig Dagerman - L'enfant brûlé
Sculpture : Paul Toupet
Photo : Alexperimental

Posté par RoughDreams à 13:34 - ★ Words - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mai 2007

Correspondances amoureuses

sand3

George Sand à Alfred de Musset :

Cher ami,

Je suis toute émue de vous dire que j'ai
Bien compris l'autre jour que vous aviez toujours
Une envie folle de me faire
Danser. Je garde le souvenir de votre
Baiser et je voudrais bien que ce soit
Une preuve que je puisse être aimée
Par vous. Je suis prête à montrer mon
Affection toute désintéressée et sans cal-
Cul, et si vous voulez me voir ainsi
Vous dévoiler sans artifice mon âme
Toute nue, daignez me faire visite,
Nous causerons et en amis franchement
Je vous prouverai que je suis la femme
Sincère, capable de vous offrir l'affection
La plus profonde, comme la plus étroite
Amitié, en un mot: la meilleure épouse
Dont vous puissiez rêver. Puisque votre
Âme est libre, pensez que l'abandon où je
Vis est bien long, bien dur et souvent bien
Insupportable. Mon chagrin est trop
Gros. Accourrez bien vite et venez me le
Faire oublier. A vous je veux me sou-
Mettre entièrement. 

George Sand


(A la deuxième lecture ne lire qu'une ligne sur deux en commençant par la première...)

Posté par RoughDreams à 10:51 - ★ Words - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 janvier 2007

So dead, so cute

lenore

Si vous êtes amateur d’humour macabre, sensible aux univers de Tim Burton, la Famille Addams ou Edgar Poe, allez faire un tour sur ce site pour suivre les aventures en dessins animés de Lenore, qui « vit » dans un manoir au sein de Nevermore, le pays d’où l’on ne revient pas.

Lenore est une charmante petite fille qui, tombée malade puis hospitalisée, s'éveille entourée d'étranges amis dans un univers glauque et surréaliste. Depuis, Lenore vit sa mort comme un conte de fées qui aurait mal tourné. Son quotidien, peuplé de cannibales sans membres, de poupées vampires maudites, d'amis empaillés et d'un amoureux transi remplit l'essentiel d'une existence qui n'a rien de mortelle.

Dans un de ses poèmes les plus joyeux, Edgar Allan Poe écrivit :
« A dirge for her, the doubly dead
In that she died so young.
»
Lenore, l’amour perdu de l’auteur des Histoires extraordinaires, celui que le corbeau de son plus fameux poème déclare impossible à retrouver (« Jamais plus ! »), morte deux fois car morte si jeune… Eh bien elle l’aura son « dirge ». Roman Dirge, le créateur, pour être précis.

Lenore_noogies

Devenue héroïne de bande dessinée, Lenore revêt l’aspect d’une « mignonne petite fille morte ». Après la fantasy, la science-fiction, le super-héros, nous voici dans le gloomy comics (vaguement traduisible par « BD glauque »). Le présent volume édité par Semic (collection Semic Gloom, justement) réunit les quatre premiers albums de la série. Par delà l’influence du grand auteur américain, le personnage de Lenore (curieusement mignonne pour une tueuse psychopathe) se situe dans la droite ligne des créatures vicieuses et cruelles de Happy Tree Friends ou de Retarded Animal Babies.

Mais l’influence majeure de Roman Dirge, celle qui saute aux yeux de quiconque feuillette quelques pages, c’est Tim Burton. Pas le Tim Burton romantique et attendrissant de Big Fish ou de Ed Wood, non, non. Je parle du Tim Burton des origines, le graphiste torturé qui s’est fait virer des studios Disney parce que ses croquis pour Taram et le chaudron magique étaient trop sinistres. Celui qui a réalisé Vincent et Frankenweenie, courts-métrages revigorants préfigurant Beetlejuice et autres Edward aux mains d’argent. Celui qui a conçu les designs fantasmagoriques de L’Étrange Noël de Mr Jack et des Noces Funèbres. Celui surtout qui a signé La Triste Fin du petit Enfant Huître, un recueil de poésies macabres, sombres et drôles, narrant les aventures de Stainboy l’enfant-tache, de la petite fille-allumette, de l’enfant avec des clous dans les yeux et d’autres créatures malheureuses et condamnées par leurs particularités. Des aventures pessimistes autant qu’hilarantes, servies par le graphisme unique d’un visionnaire multidisciplinaire. Dirge, fasciné par cet aspect joyeusement sombre, a donné à tous ces enfants une grande sœur à leur mesure. Lenore est une psychopathe tendant à brûler, piétiner, étrangler, hacher, mutiler et désentripailler tout ce qui est mignon autour d’elle. Sans une once de remord, cela va sans dire.

Il ne s’agit là que d’un thème autour duquel Dirge brode au gré de son imagination. Tantôt poésies hallucinées à la Poe et illustrées à la Burton, tantôt saynètes n’ayant qu’un lointain rapport avec « l’héroïne », souvent dérangeantes (parfois sados, parfois masos, mais jamais triviales), tantôt éléments d’autobiographie visant clairement à boucher un trou dans les pages, Dirge nous mène sur la pente sombre et glauque du comics underground. Bel hommage à un des auteurs les plus représentatifs d’un genre certainement à part, car c’est sa raison d’être, mais décidément salutaire. « On a tous notre côté obscur, commente Dirge, je suis juste content que le mien ait pris l’apparence d’une mignonne petite fille morte ! »

3445_1

Références : Lenore, tome 1, Noogies, texte et dessins Roman Dirge, éditions Semic.
Crédit photographique : 1999, 2000, 2006, Roman Dirge et 2006 SEMIC S.A.

Posté par RoughDreams à 08:05 - ★ Words - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 décembre 2006

Love is a dog from Hell

bukowski

« la chair recouvre les os
et ils y mettent un cerveau et
parfois une âme,
et les femmes jettent
les vases contre les murs
et les hommes boivent beaucoup
trop
et personne ne trouve
son pendant
mais tous gardent
un espoir
rampant d'un lit
à l'autre.
la chair recouvre
les os et la
chair cherche
plus cher
que la chair.

il n'y a aucun
salut :
nous sommes tous
soumis
à un destin singulier.

personne ne trouve
son pendant.

la ville se remplit d'ordures
les dépotoirs se remplissent
les asiles se remplissent
les hôpitaux se remplissent
les cimetières se remplissent
ce sont bien les seules choses
qui se remplissent. »

Charles Bukowski, «  SEUL AVEC TOUT LE MONDE », in L’amour est un chien de l’enfer

Posté par RoughDreams à 10:30 - ★ Words - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 novembre 2006

Les Hommes Creux

Remnants_of_a_Phantom

Nous sommes les hommes creux

Les hommes empaillés

Cherchant appui ensemble

La caboche pleine de bourre. Hélas !

Nos voix desséchées, quand

Nous chuchotons ensemble

Sont sourdes, sont inanes

Comme le souffle du vent parmi le chaume sec

Comme le trottis des rats sur les tessons brisés

Dans notre cave sèche

Silhouette sans forme, ombre décolorée,

Geste sans mouvement, force paralysée ;

Ceux qui s’en furent

Le regard droit, vers l’autre royaume de la mort

Gardent mémoire de nous - s’ils en gardent - non pas

Comme de violentes âmes perdues, mais seulement

Comme d’hommes creux

D’hommes empaillés.

[…]

T.S. Eliot

Posté par RoughDreams à 17:03 - ★ Words - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 octobre 2006

Aphorisme

don_t

"Quiconque combat les monstres doit s'assurer qu'il ne devient pas lui-même un monstre. Car lorsque tu regardes au fond de l'abime, n'oublie pas que l'abime aussi regarde au fond de toi."

 

* Nietzsche *

[Image by BlueBlack]

Posté par RoughDreams à 16:23 - ★ Words - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 septembre 2006

My kingdom for a kiss

gone

"Qu'est ceci ? Une coupe qu'étreint la main de mon bien-aimé ? C'est le poison, je le vois, qui a causé sa fin prématurée. L'égoïste ! il a tout bu ! il n'a pas laissé une goutte amie pour m'aider à le rejoindre ! Je veux baiser tes lèvres : peut-être y trouverai-je un reste de poison dont le baume me fera mourir ..."

(Romeo & Juliette, Acte V, scène 3)

Posté par RoughDreams à 13:28 - ★ Words - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 avril 2006

firehand

"- Nous vivons tous dans une maison en feu, et personne pour éteindre celui-ci, et pas la moindre issue, uniquement les fenêtres du dernier étage, par lesquelles regarder au dehors, pendant que le feu consume la maison et nous-mêmes qui y sommes enfermés, pris au piège.

- De quoi parlez-vous ? Quelles fenêtres ?

- Ces fenêtres du dernier étage, qui ne sont pas assez larges pour qu’on puisse se faufiler par elles à l’extérieur, et qui le sont juste assez pour que nous puissions nous y pencher et regarder dehors, et… regarder, regarder et regarder encore ; jusqu’au moment où l’on n’est presque plus que regard, presque plus que vision."

 
Tennessee Williams in The milktrain doesn’t stop here any more.

Posté par RoughDreams à 15:51 - ★ Words - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »