[Expo] Dennis Hopper et le Nouvel Hollywood

Jusqu'au 19 janvier, la Cinémathèque française rend hommage au génial Dennis Hopper avec une très belle exposition intitulée "Dennis Hopper et le Nouvel Hollywood"
« Je me souviens… des bombes sur le Vietnam, de l’assassinat de Malcolm X, de l’arrestation d’Angela Davis, du concert pop de Monterey, de l’assassinat des Kennedy, de celui de Martin Luther King… Je me souviens des émeutes de Watts, de la police qui, sur le campus, tire sur des étudiants… Je me souviens… » énumère Dennis Hopper dans une vidéo à l’entrée de l’exposition que la Cinémathèque française lui consacre.
Et nous, que devons-nous retenir de Dennis Hopper ?
Icône du Nouvel
Hollywood et de l’underground artistique californien, Dennis Hopper est une
figure incontournable des contre-cultures les plus radicales de la Côte Ouest,
et ce depuis un demi-siècle. A l’instar de son ami David Lynch, Hopper est un
artiste total, à la fois excellent photographe, peintre et collectionneur, acteur
de légende et cinéaste indépendant culte depuis son premier film comme
réalisateur, Easy Rider sorti en 1969.
Cette année-là, Dennis Hopper, sur son Harley Davidson, est connu des cinéphiles, qui se souviennent de lui aux côtés de James Dean en blouson noir dans La Fureur de vivre (Nicholas Ray, 1955) et dans The Glory Stompers (Anthony M. Lanza, 1968). Connu également pour avoir claqué la porte de la 20th Century Fox en 1958. Pour avoir cosigné un ready-made avec Marcel Duchamp en 1963 Hôtel Green (Entrance). Pour avoir joué dans les films expérimentaux d’Anfurdy Warhol (Tarzan and Jane Regained… Sort of). Pour avoir collectionné le Pop Art avant tout le monde à Los Angeles (Roy Lichtenstein ou Jasper Johns). Pour avoir côtoyé ceux qui rendirent possible un soulèvement politique (de Jane Fonda à Martin Luther King). Pour avoir pris des centaines de clichés en noir et blanc de manifestations et de performances. Pour avoir publié ses photos très stylées d’une nouvelle mythologie américaine en couverture de Vogue ou d’Artforum.
« Je viens de l’expressionnisme abstrait et du jazz », aime à dire
l’acteur-réalisateur-artiste. Hopper a toujours été un amateur d’art réactif et
un collectionneur inspiré, cherchant à inscrire la multitude de ses pratiques
dans un réseau de connivences, au sein duquel il élit ses pairs. Ses intérêts
l’amènent au-delà des attentes de son public. Du cinéma vers la photographie.
De la photographie vers la peinture et la sculpture. De la sculpture vers la
performance. De la performance vers le film expérimental. De l’expérimental aux
formes les plus populaires de la télévision, qui contribuent à ancrer
définitivement son visage d’Ange en perfecto et stetson dans l’imaginaire
américain.

Cette exposition, qui met la Cinémathèque française à l’heure américaine, fonctionne sur l’idée de transversalité. Dennis Hopper en est à la fois le héros et le fil rouge. Elle est construite à partir de nombreux extraits vidéo, d’archives rares, et évidemment de ses photographies et autres créations. L’originalité de ce projet étant d’y adjoindre des œuvres provenant de la collection privée de D. Hopper, qui réunit aujourd’hui des œuvres emblématiques de l’art contemporain : Warhol, Basquiat, Ruscha, Foulkes, Rauschenberg, Herms, Berman… Ces œuvres résonnent en écho avec la pratique artistique et cinématographique d’Hopper lui-même. Au-delà de leur beauté intrinsèque et de leur originalité, elles ouvrent des espaces de réflexion permettant de dessiner un parcours fait de multiples (et parfois secrètes) connections.


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